Le monde selon Flambeau

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Évaluations client de Le monde selon Flambeau

Nombre d'évaluations: 2
Note moyenne: 5
Le bonheur au travers d'une lecture
à partir de le 22/04/2020
"Le Monde selon Flambeau" de Claude Dantan (Editions Ex Aequo, 2018) est un roman d'une belle originalité. En effet, le personnage principal du récit s'adressant au lecteur - comme narrateur - est un radiateur en fonte du début du 20ème siècle. On découvre ainsi au fil des pages, cet être prenant conscience de son existence - sans autre explication, si ce n'est peut-être sous l'impulsion du plombier qui l'installe dans l'appartement -, tout comme il prend conscience de l'existence des êtres humains qu'il va côtoyer et qu'il va apprendre à connaître, du moins dans la limite de sa perception ainsi que de son espace, puisque condamné à l'immobilisme de son état.
La sensibilité du texte, lié à cet esprit né de la fonte, dessine de la sorte à la fois la vie de ce Flambeau ainsi nommé et celles que ce dernier décrit comme il le peut, selon sa compréhension des choses qui s'accroit avec le temps. Ce temps qui est également un élément majeur du roman puisqu'il s'étend en celui-ci sur près d'un siècle, montrant notamment qu'un espace aussi simple qu'un appartement est un lieu destiné à n'être occupé qu'un certain temps par ses résidents avant que de voir ses occupants remplacés par d'autres : les murs restent, les corps changent, quoi que toutes choses se défont comme le plâtre des plafonds…

A la lecture des pensées de Flambeau, ce sont quelques tranches de vies humaines qui prennent corps. C'est ainsi qu'au travers de cet objet sont évoqués des sentiments, observations et réflexions sur la vie, l'amour et la mort, avec diverses références culturelles et artistiques. On s'attache de fait à quelques êtres humains que le radiateur tente de comprendre ou tout du moins de définir dans une certaine mesure, selon ce qu'il peut en apprendre sur eux, et ces diverses expériences forgent en lui un peu plus d'esprit à son âme. Parmi ces personnes figure notamment une psychanalyste dont le cabinet va être pour Flambeau un lieu de passage où il va faire montre de certaines analyses sur les patients qui vont s'épancher sur le divan. Avant cette période riche en enseignement, les premières années de sa vie dans l'entre-deux guerres seront occupées par la présence d'une mère et son fils, puis après il fera l'expérience d'une violence extrême alors que le logement, depuis abandonné, est occupé par des marginaux.

A la lecture des pensées de Flambeau, la chaleur de ses sentiments coule en nos veines comme l'eau chaude de Chaudière coule en son corps de fonte. En plus de cette douceur chaleureuse que l'on ressent, l'auteur distille un humour des plus plaisants coloré de teintes humanistes et d'images poétiques.

Pour conclure, notons que rares sont les romans à avoir pour narrateur un tel personnage au lieu d'un humain (personnage, auteur ou entité indéfinie). Toutefois, si plusieurs œuvres se transmettent au travers d'autres êtres vivants comme des animaux (parmi les plus célèbres : "Mémoires d'un âne" de la comtesse de Ségur, "Je suis un chat" de Natsume Sôseki, "Demain les chiens" de Clifford D. Simak ou plus récemment "Tombouctou" de Paul Auster), il est plus exceptionnel qu'un objet (ou autres) soit celui qui raconte l'histoire. On peut tout de même citer quelques textes ayant donné une âme à un sofa (les contes "Le Sopha" de Crébillon fils ou "Le Canapé couleur de feu" de Fougeret de Montbron, bien que ces canapés en ces deux œuvres sont des humains transformés), ou à des dimensions géométriques dont un carré ("Flatland" de Edwin Abbott Abbott).
Plus récemment, on évoquera le roman "Les Vivants et les ombres" (Sabine Wespieser, 2007) de Diane Meur où l'auteure prend pour narratrice une maison contant une saga familiale se déroulant en Galicie au 19ème siècle, ainsi que le roman "L'Opium du ciel" (Grasset, 2017) de Jean-Noël Orengo où l'écrivain fait d'un drone parlant et conscient son narrateur pour mieux explorer notre époque. Parmi le vivant, on peut également ajouter un arbre dans "Le Journal Intime d'un arbre" (Michel Lafon, 2011) de Didier Van Cauwelaert.
Excellent tout simplement.
à partir de le 14/12/2018
Une histoire originale, très bien écrite. Une histoire menée avec sensibilité, où émotion et humour se conjuguent tout le long.
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